SANTE MENTALE CHEZ LES JEUNES : NOUVEAU BILAN, MEME CONSTAT

Le dernier rapport du Haut Conseil de la famille, de l’enfance et de l’âge (HCFEA) pointe à son tour du doigt la dégradation de la santé mentale des jeunes. L’instance recommande « une approche préventive globale ».
19 février 2025 par
SANTE MENTALE CHEZ LES JEUNES : NOUVEAU BILAN, MEME CONSTAT
Hélène SAGNES

Crédit de photo : Justin Paget

La nouvelle génération est une fois de plus au centre de l’attention à l’occasion de la publication d’une énième étude qui arrive à la même conclusion : la santé mentale des enfants et des adolescents est particulièrement préoccupante.

Une augmentation des hospitalisations et de la consommation de médicaments

Entre 2010 et 2023, le recours aux psychotropes n’a cessé de croître. Chez les moins de 19 ans, le nombre de prescriptions annuelles par patient a ainsi augmenté pour les hypnotiques (+137 %), les antidépresseurs (+88 %), les antiépileptiques (+62 %), les neuroleptiques (+50 %) et les psychostimulants (+40 %). Une tendance qui semble s’être accélérée après la pandémie de Covid-19. Le recours aux urgences est également en hausse. Découragement, sentiment d’inutilité, manque d’énergie, tristesse… : au-delà de l’anxiété, les élèves accumulent les marqueurs de la dépression. Les lycéens sont ainsi 24 % à déclarer avoir eu des pensées suicidaires au cours des 12 derniers mois, 13 % à faire mention d’une tentative de suicide et 3 % à avoir été hospitalisés à la suite de celle-ci. Ainsi, seuls 59 % des collégiens et 51 % des lycéens bénéficient d’un bon niveau de bien-être mental. Si celui-ci semble se dégrader au fil de la scolarité, la tendance s’avère plus marquée chez les jeunes filles. Outre la détérioration de ces indicateurs, l’étude met en lumière le manque d’accompagnement des parents qui rencontrent des difficultés pour gérer les problèmes psychologiques de leurs enfants. En cause ? Un déficit de l’offre de soins, comme en témoignent les délais d’attente qualifiés de « déraisonnables » en pédopsychiatrie.

« Sur la base de ces constats, l’urgence est de changer de paradigme en inscrivant la santé mentale dans une approche préventive globale, et en portant une attention spécifique aux enfants en situation de vulnérabilité particulière. Ce qui ne peut se faire sans la relance de l’attractivité des métiers de l’enfance et une pluralité d’approches, et leur coordination entre le secteur médico-social et éducatif à l’échelle du bassin de vie de l’enfant ». déclarait le HCFEA.

La santé mentale, Grande cause nationale en 2025

Un son de cloche qui devrait raisonner puisque la santé mentale a été érigée Grande cause nationale en 2025. La récente adoption par la Haute Autorité de Santé du programme pluriannuel dédié à la santé mentale et à la psychiatrie pour la période 2025-2030 devrait permettre d’attaquer cet enjeu sanitaire majeur. Si plusieurs populations fragiles sont ciblées, les enfants et les adolescents feront partie des personnes prioritaires. Ce plan d’actions entend renforcer le repérage, le diagnostic, et la prise en charge des troubles schizophréniques et bipolaires, tout en améliorant la qualité des soins grâce à une meilleure coordination entre les secteurs sanitaire, social et médico-social. Il repose sur neuf axes principaux, dont la défense des droits des patients et le soutien des familles.

​Copyright : Les Echos Publishing 

Pour aller plus loin, découvrez notre étude sur la santé mentale et la psychiatrie.

SANTE MENTALE CHEZ LES JEUNES : NOUVEAU BILAN, MEME CONSTAT
Hélène SAGNES 19 février 2025
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